L'ALPHABET BRETON


L'alphabet breton est le suivant :

A B CH C'H D E F G H I J K L M N O P R S T U V W Y Z


Dans le système orthographique le plus courant, les caractères accentués sont :

Ñ Ù Ê Ü


LES SYSTEMES ORTHOGRAPHIQUES


Depuis longtemps, la langue bretonne existe sous une forme écrite. Les premiers écrits bretons, contenus dans le manuscrit de Leyde, remontent à la fin du 8e siècle, soit un demi-siècle avant le serment de Strasbourg (842), considéré comme le plus ancien texte français. Après des siècles d'une graphie calquée sur l'orthographe du français, Le Gonidec élabore un système phonétique moderne, dans les années 1830.

Au tournant du siècle, des écrivains bretons ffb représentant les dialectes cornouaillais (K) et léonard (L), puis trégorois (T), ont poursuivi l'évolution du système Le Gonidec, afin de permettre l'intercompréhension entre ces dialectes. C'est la naissance, en 1908, de l'orthographe KLT. Dans le même temps, les lettrés vannetais mettaient au point, toujours sur les bases du système Le Gonidec, une othographe dialectale spécifique, illustrée par la revue "Dihunamb".

Dans les annés 1920-1930, des propositions sont faites pour inclure dans le KLT les spécificités dialectales du vannetais. Ce fut en particulier la création du groupe "zh", syntèse entre le z du brezoneg KLT et le h du brehoneg vannetais. Ces efforts d'unification aboutissent en 1941 à l'othographe KLTG baptisé peurunvan (littéralement tout-à-fait unifiée).

En 1955, sur la demande du groupe Emgleo Breiz, le chanoine Falc'hun, élabore un système plus proche des conventions du français (censé faciliter la prononciation des néo-bretonnants) et qui ne rend compte que du dialecte léonard. Une circulaire ministérielle l'institue l'orthographe "officielle" du breton dans l'enseignement français (!), d'où l'appellation Skolveurieg (universitaire). Il est illustré de nos jours par la revue (et maison d'édition) Brud Nevez/Emgléo Breiz.

Dans les années 1970, une tentative fut faite, de réduire le fossé qui séparait les tenants des deux systèmes orthographiques. Il en est sorti, en 1975, un système supplémentaire, l'etrerannyezhel (interdialectal) qui sur les mêmes postulats que le peurunvan, prétend améliorer les défauts de celui-ci par un cerain nombre de nouvelles conventions. Illustré par la méthode Assimil sortie à cette époque, une seule maison d'éditions, Skol Vreizh, l'utilise systématiquement.

De nos jours, le peurunvan (superunifié), choix des écoles en breton, est de très loin l'orthographe dominante. Il est utilisé par les methodes "Per Denez", "Herve ha Nora", "Roparz Hemon", et les maisons d'éditions ou revues An Here, Hor Yezh, "Al Liamm", "Al Lanv", "Bremañ", "Preder", "Evit ar Brezhoneg"...


LA PRONONCIATION DU BRETON


Voyelles :

a prononcé comme patte en français

a prononcé comme pâte en français
e prononcé comme thé en français
e, ae prononcés comme lait en français

eu prononcé comme peu en français
eu prononcé comme beurre en français
i prononcé comme lit en français

Un ñ suivant la voyelle indique une nasalisation :

añ prononcé comme flan en français eñ n'a pas de correspondant en français
iñ prononcé comme brin en français oñ prononcé comme son en français
uñ prononcé comme brun en français

Diphtongues :

o, ou, w prononcés comme huile en français w, u prononcés comme ouate en français
y, i prononcés comme pion en français

Consonnes :

p
prononcé
comme
pain en français
b
prononcé
comme
bain en français
t
prononcé
comme
thé en français
d
prononcé
comme
dé en français
k
prononcé
comme
cas en français
g
prononcé
comme
gars en français
f
prononcé
comme
file en français
v
prononcé
comme
ville en français
s
prononcé
comme
sot en français
z
prononcé
comme
zoo en français
ch prononcé comme chaîne en français

j prononcé comme gêne en français
c'h sourd n'a pas de correspondant en français
c'h sonore n'a pas de correspondant en français
h, zh, c'h n'ont pas de correspondant en français

m prononcé comme mec en français
n prononcé comme nid en français
gn prononcé comme pognon en français

n, -g, -k n'ont pas de correspondant en français l prononcé comme lu en français
lh n'a pas de correspondant en français
r prononcé comme rien en français

Remarque : en position finale se produit une neutralisation de l'opposition sourde/sonore des consonnes bretonnes. Aussi nous aurons toujours (peu importe l'écriture) :

une terminaison sourde :

une terminaison sonore :

Consonnes sourdes : p, t, k, f, s, ch, c'h sourd,
s'opposant aux :
consonnes sonores : b, d, g, v, z, j, c'h sonore.