Depuis deux siècles, la Bretagne attire les artistes. Sa lumière, ses paysages changeants, son architecture ont longtemps fait le bonheur des peintres figuratifs. Deux villes assistaient à la naissance de véritables "colonies artistiques, devenant des pivots majeurs du renouveau du XIXe siècle: Concarneau et, surtout, Pont-Aven.

Pont-Aven doit sa notoriété universelle à son école de peinture autour de l'artiste célèbre Paul Gauguin (1848-1903). Si cette ville a su attirer et retenir tant d'artistes, c'est par la douceur de ses paysages, le mariage de la mer et de la rivière, le charme de ses moulins et son célèbre Bois d'Amour. Le point de ralliement des peintres à Pont-Aven était la pension de Marie-Jeanne Gloanec. Une autre bonne adresse pour les artistes était l'hôtel de Julia Guillou.

En 1886, Paul Gauguin débarque à Pont-Aven. Fatigué de la vie parisienne, à court d'argent, à la recherche d'une inspiration nouvelle (il a exposé un moment avec les impressionistes, de 1880 à 1882, sans être convaincu), il entend parler de ce village où les peintres sont nombreux et où les auberges sont accueillantes et bon marché. Il s'installe à la pension Gloanec où il rencontre Charles Laval, Charles Filiger, Ferdinand du Puigadau, Emile Bernard, en 1888, et Paul Sérusier. C'st autour d'eux que se constitue "l'école de Pont-Aven".


La pension Gloanec en 1888
Paul Gauguin est le second personnage assis à partir de la gauche
Marie-Jeanne Gloanec est la belle dame à la fenêtre de droite

Ces peintres donnent naissance au "synthétisme" ou "symbolisme pictural": il s'agit d'exprimer idées et sensations par la forme et la couleur. L'oeuvre doit être expressive par elle-même et non par le sujet. L'utilisation de couleurs denses et vives, les sujets simplifiés à l'extrème, la force primitive des constrastes sont en rupture totale avec l'esprit de l'impressionisme qui dilue au contraire les formes comme à trvaers un filtre liquide. Les groupes de personnages sont eux aussi dépouillés de tout détail superflu, tandis que des innovations dans le cadrage rompent avec la traditions. Malgré sa courte vie (1886 à 1894), le petit groupe de peintres est célèbre dans le monde entier.

le musée municipal

Le musée municipal, à la Mairie à la Place de l'Hôtel de Ville, expose au premier étage en permanence 50 à 60 oeuvres de l'école de Pont-Aven. Ceux qui s'attendent à voir des oeuvres de Gaugauin en seront pour leurs frais. En revanche les expositions temporaires (4 par an) sont de grande qualité.

De vieux documents photographiques font revivre l'histoire de Pont-Aven, comme la pension de Marie-Jeanne Gloanec où les artistes logeaient. Un montage audiovisuel anime la visite, rendant hommage à Gauguin et ses amis.

Ouvert: tous les jours, en juillet et aôut, de 10 h 30 à 12 h30 et de 14 h à 19 h.

Renseignements: Tél. 02 98 06 14 43.

la chapelle de Trémalo

Cette chapelle gotique rurale (accès par la rue Emile-Bernard puis la D 24, route de Quimper, a droite. Suivre ensuite la signalisation) doit sa célébrité à son fameux crucifix en bois (XVIIe siecle), immortalisé par Gauguin dans l'une de ses oeuvres maitresses "Le Christ jaune". La chapelle elle-même est pleine de charme. Edifiée au XVIe siècle, elle surprend par sa silhouette trapue, son toit dissymétrique qui descend presque jusqu'au sol et son escalier à ciel couvert construit sur le pignon. On y découvre aussi d'anciennes statues et des sablières sculptées, portant des animaux fantastiques et des masques grotesques

le Bois d'Amour

Ce bois (accès par la promenade Xavier-Grall) est un lieu de promenade très prisé et une des sites favoris des peintres de l'école de Pont-Aven. Ils étaient des dizaines à planter là leur chevalet. Pour s'y rendre, on passe les chaos des pierres de le l'Aven puis on s'enfonce sous les chênes et les hêtres.

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